Il est une heure du matin, je suis dans le bus en direction de Mendoza. De ces deux jours passés à Buenos Aires l'envie d'écrire me prend.
Je me souviens alors de ces phrases stéréotypées avant de partir: "tu vas voir c'est génial, tu vas t'éclater! " et en réponse ces quelques mots que me décroche le chauffeur de taxi peu locace lors de mon arrivée : "Aqua es bajato para vosotros y caro para nosotros". Neuf mots suffisent pour résumer la situation, ici c'est marche ou crève.... d'ailleur en espagnol le travail se dit "trabajo" ici on emploie le mot "labor".
Avenido de Julio, l'avenue la plus large du monde, tellement large qu'il y en a des bouchons qui laissent flâner des laveurs de vitres (parfois un peu particulier) en plein milieu de la voie. Me voilà dans un autre taxi en direction de la station de bus pour prendre celui qui me mènera a Mendoza. J'suis pluitôt chargé, environ 40kg de bagages et un kayak qui dépasse du coffre arrière d'au moins 1,50m. Cette fois ci mon chauffeur est typique du coin, fiert de lui, exhubérant a la tchache solide, le sourire au lèvre et de 20 ans mon aîné. On est tous deux issus d'origine italienne et espagnole, et on se met a papoter dans une circulation ou je me dis que j'ai de fortes chances de louper mon bus. Vient alors ces fameux laveurs de vitres, ou il s'empresse de leur dire d'aller ailleur, un d'eux s'approche pour lui demander un peu de monnaies et à une vitesse déroutante réussi à lui prendre son argent de la journée qui se trouve dans sa poche.... En quelque seconde j'y vois un homme abattu, des yeux qui deviennent rouges et des larmes qui ont envie de couler tellement qu'ici il fait dur d'y vivre.
Les capitales, ça ne m'a jamais inspiré mais je me dis que pas étonnant qu'une "jungle" pareille qui accueille la moitié de la population du pays ne soit pas gèrable, je n'y vois rien d'humain là dedans quelle chance et quelle luxe que de pouvoir y mettre les voiles...
